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EXTRAIT DU ROMAN
MANDALAS « PORTES » DES « DIEUX »
DEBUT DU PREMIER CHAPITRE
INTITULE : ALPHA CYGNI
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I
ALPHA CYGNY
Il régnait un silence presque absolu dans le « module-vie » (MV1) du vaisseau terrien qui fonçait à vive allure à travers l’espace en direction de l’étoile Deneb. Le système Deneb (« la queue» en arabe) est formé d’une étoile super-géante double située à environ 1600 années-lumière du Soleil dans la gracieuse constellation du Cygne.
Composé de treize
hommes, l’équipage du vaisseau terrien était dans un profond état de
catalepsie hypnotique depuis exactement 108 jours terrestres. « Cerveau »
veillait sur eux comme une mère veillerait sur le sommeil de ses enfants.
D’ailleurs, tout dans le vaisseau était sous le contrôle direct du puissant
ordinateur de bord désigné par les lettres Q.I.S, c’est-à-dire « Quantic
Intelligence System ». Le Q.I.S, appelé aussi « Cerveau » par ses
concepteurs, était un système artificiel intelligent de type quantique de la 7ème
génération, conçu par la firme américaine « MENTALPROG », filiale
informatique de

Ci-dessus : Le vaisseau terrien fonçe à vive allure à travers l’espace en direction de l’étoile Deneb.
Dans le « module-commandes » (MC2), quelques témoins lumineux verts éclairaient les écrans. Seul le murmure étouffé du système de ventilation était audible. L’ambiance était calme et paisible. Elle ressemblait à l’atmosphère qui peut régner dans une vaste demeure plongée dans la quiétude de la nuit lorsque les hommes ne sont plus là pour troubler le temps qui passe. Pourtant, quelque part dans la prodigieuse mémoire de « Cerveau », un ordre impérieux allait bientôt rompre cette douce léthargie. Le 109ème jour de navigation interstellaire, à 12h00 (heure terrienne), « Cerveau » déclencha le protocole de réveil de l’équipage. Comme par enchantement, une multitude de voyants rouges s’allumèrent simultanément dans le « module-commandes ». Cela ressemblait à l’éclosion instantanée de dizaines de coquelicots après la saison froide. Les systèmes de ventilation s’activèrent pour obtenir une pression ambiante conforme aux normes terrestres et une température d’environ 18° C. Le vaisseau spatial semblait reprendre vie après une longue période d’hivernage. Les écrans, les éclairages, les systèmes de contrôle visuel, les systèmes de refroidissement et de chauffage s’éveillèrent enfin de leur interminable torpeur. Peu à peu, la conscience revenait dans le cerveau des hommes, et leur coeur jusque-là assoupi allait bientôt retrouver un rythme normal. Ce mini-printemps artificiel était programmé dans les moindres détails, et « Cerveau », avec une adresse et une maîtrise incomparables, orchestrait cet ensemble d’opérations complexes.

Ci-dessus :
« Cerveau », le très puissant ordinateur de bord désigné par les
lettres Q.I.S, c’est-à-dire « Quantic Intelligence System ». Le Q.I.S est
un système artificiel intelligent de type quantique de la 7ème
génération, conçu par la société MentalProg,
filiale informatique de
Le réveil des humains était une phase délicate
du plan de vol. Il arrivait parfois qu’un incident imprévisible vienne
perturber le subtil processus d’émergence de la
conscience, et dans ces cas rares heureusement, une incertitude planait
sur la survie du cosmonaute. D’ailleurs (situation prévue par le règlement
de
L’équipage du vaisseau était exclusivement composé d’hommes jeunes dont les âges variaient entre 66 et 81 ans. A la fin du XXIème siècle l’espérance de vie des humains avait considérablement augmentée. Elle était environ de 122 ans pour les femmes, et 118 ans pour les hommes. Sept de ces hommes étaient des militaires aguerris (dont deux étaient médecins), habitués aux situations extrêmes, spécialistes des missions délicates en milieu biologique étranger, et tous officiers sortis de la prestigieuse S.M.S américaine (Space Military School). Deux étaient des scientifiques de haut niveau, formés et entraînés aux interventions sur le terrain. L’un était un exobiologiste ayant déjà derrière lui une brillante carrière de chercheur au S.S.I.C (en français : Centre International d’Etudes Spatiales, l’équivalent du CNES en France), l’autre était un archéologue de renom, très versé dans l’histoire des religions et des mythes des anciennes civilisations. Enfin, les trois derniers étaient des ingénieurs chargés de la maintenance des équipements scientifiques embarqués.
Le
bâtiment de

Ci-dessus : Le module d’exploration (ME1) avec tous ses équipements. D’un poids total en charge de plus de 500 tonnes, ce vaisseau est chargé de l’exploration en surface des exoplanètes. Il est capable de résister à des conditions physiques extrêmes et de remplir des missions dans des milieux particulièrement hostiles.
Le
VELTRO 515 était une version améliorée du bâtiment de guerre d’origine,
dont le confort de base était spartiate et qui avait été conçu pour
embarquer plus de soixante hommes de combat. Délesté d’une grande partie de
son armement lourd, le VELTRO 515 était devenu un véritable laboratoire
scientifique. Les canons-laser avaient été remplacés par du matériel
d’observation très performant. La qualité des membres d’équipage du
VELTRO 515, ainsi que leur degré élevé de compétence, étaient les signes évidents
du caractère prioritaire et sérieux de cette mission. Tout avait été préparé
avec le plus grand soin, et
Lors de la phase de réveil, les treize habitants du vaisseau furent délivrés de leur profond sommeil un par un. Il fallait près de 12 heures pour que chacun d’eux retrouve l’usage complet de ses facultés intellectuelles et physiques. Le commandant fut le premier à sortir de l’état de catalepsie hypnotique. Premier homme conscient et valide, le commandant devait impérativement s’assurer, avant toute autre tâche, du bon fonctionnement de tous les organes vitaux du VELTRO 515. Il était seul responsable de la mission, et s’il constatait à son réveil la moindre anomalie, il avait le pouvoir de laisser l’équipage en état de catalepsie hypnotique et d’annuler la mission.

Ci-dessus : Sas « d’hibernation » artificielle dans lequel les cosmonautes sont maintenus en état de catalepsie hypnotique pendant tout le trajet du vaisseau entre les étoiles.
Le commandant de la mission MANDALA II était un jeune officier supérieur de 81 ans, qui portait la référence
O7/MS9/I16/C8
Cette référence avait la signification suivante :
O7 : Officier supérieur de rang 7
MS9 : Mission Spéciale de rang 9
I16 : Individualité de rang 16
(Selon la typologie psychique en vigueur qui comporte 22 rangs)
C8 : Classe sociale n° 8
(Selon la classification américaine, la société est divisée en 12 classes sociales)
En plus de la référence de classification (Réf/C), chaque individu possédait une référence sidérale et astrologique (Réf/SA). Celle du commandant était :
2011/9/01/22/T/P42,2/L4,9
soit,
2011 : année de naissance
9 : mois de naissance
01 : jour de naissance
22 : heure de naissance
T : Terre
P42,2 : Parallèle 42°,2 (du lieu de naissance)
L4,9 : Longitude 4°,9 (du lieu de naissance)
L’ensemble de ces références (Réf/C et Réf/SA) était gravé sur une plaque en or attachée à une chaînette, que le commandant de bord du VELTRO 515 portait en permanence autour du cou. En plus de ces renseignements personnels, la plaque indiquait le nom de la mission et l’année de sa réalisation. Nous aurons l’occasion de constater, plus tard, l’importance de ces informations dans le déroulement de la mission MANDALA II. Le nom de chaque individu étant dérivé de sa référence de classification (débarrassée de ses numéros de rang), celui du commandant était donc :
OMSIC
OMSIC
était un terrien « programmé », c’est-à-dire un être humain génétiquement
modifié, dont l’organisme était capable de supporter les terribles
contraintes physiques et psychiques des longues missions interstellaires. De ce
point de vue, OMSIC était une exception, car le règlement de
Le
génome d’OMSIC était si parfait, et il offrait de si remarquables possibilités
latentes, qu’il fut décidé de le transférer, bien que terrien et âgé déjà
de trois ans, sur une base lunaire spécialisée dans la « programmation ». Il
fut donc séparé de sa famille terrienne d’origine et placé dans un foyer
d’accueil lunaire directement rattaché aux services scientifiques spéciaux
de

Ci-dessus :
depuis que
La caractéristique principale de la mission MANDALA II résidait dans le fait que l’objectif à atteindre n’était pas connu. Bien que commandant du VELTRO 515, et seul maître à bord après Dieu, comme l’on dit, OMSIC ignorait tout du but de cette mission. Inutile de dire que cette situation était loin de lui être agréable, et qu’il aurait préféré être informé de la finalité de cette longue traversée. Sa formation de militaire l’avait préparé à se fixer des objectifs précis et identifiables, et le fait de foncer vers un système planétaire sans savoir pourquoi, ne le mettait pas spécialement de bonne humeur. Il avait beau s’acharner des heures durant sur le clavier de l’ordinateur, « Cerveau » restait totalement muet sur les raisons profondes de cette étrange mission. De toute façon, même s’il savait quelque chose, le superordinateur Q.I. S ne dirait rien. « Cerveau » avait été minutieusement programmé pour garder le secret absolu sur les « dessous » de cette expédition, et aucune habilitation, aussi élevée fût-elle, n’aurait pu le faire « parler ».

Les seules instructions qu’il voulut bien livrer indiquaient que les ordres seraient donnés au dernier moment, lorsque l’équipage serait confronté aux situations réelles. Quand, enfin, tous les hommes furent réveillés et aptes à remplir leurs fonctions dans le vaisseau, OMSIC les convoqua dans le « module-détente » (MD4), dans lequel avait été aménagée une salle de projection.
Confortablement installés dans leurs sièges, les hommes observaient OMSIC qui lisait sans précipitation ses notes, debout derrière un pupitre dominant l’auditoire. Après quelques minutes de flottement, il prit enfin la parole…
(fin de l'extrait)
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